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Prévention

Tabac : un serial killer aux portes des hôpitaux

5 novembre 2019 |

Prévention
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Avec Le #MoisSansTabac : arrêter ensemble dès le 1er novembre est devenu un défi collectif. Véritable étendard de cette lutte contre le premier des facteurs de risque évitables pour échapper au cancer du poumon, cette campagne relancée cette année révèle que ce cancer du poumon est désormais plus fatal chez les femmes que le cancer du sein. Aides-soignantes, sages-femmes et infirmières n'échappent pas encore à ce fléau.

En Europe, le cancer du poumon était depuis longtemps le plus meurtrier des cancers chez les hommes. Il est en passe de l'être aussi chez les femmes, dépassant le cancer du sein. Alors que la mortalité liée aux autres cancers diminue, des chercheurs italiens, suisses et américains, membres de la Société européenne d'oncologie médicale (ESMO) affirment dans la revue Annals of Oncology qu'il n'en est rien dans le cancer du poumon.

Premier cancer tueur en Europe

Celui-ci serait même devenu le premier tueur en Europe, en déclin de 9 % chez les hommes, mais en constante augmentation, cette année encore de 4 % chez les femmes.

Parmi les 279 000 décès liés au cancer du poumon auxquels s'attendent ces experts cette année au sein de l'Union européenne, un tiers concerne des femmes. L'occasion pour le Pr Fabio Levi de l'Université de Lausanne, coauteur de cet article, de pointer du doigt le tabac qui reste le suspect n° 1. Il déplore encore 20 % de fumeurs en Europe, où cette année plus de femmes décéderont d'un cancer du poumon que d'un cancer du sein. 

Le tabac reste une priorité en matière de prévention, étant donné qu'en 2019, le cancer du poumon devrait causer environ un cinquième du total des décès par cancer dans l'Union européenne.

Au rédacteur en chef de cette revue scientifique, le Pr Fabrice André de l'Institut Gustave-Roussy d'ajouter : « Plus d'efforts et d'investissements doivent être déployés pour prévenir la survenue des cancers les plus fréquents, en particulier en réduisant le nombre de personnes qui fument et qui sont en excès pondéral.» Un cumul de facteurs qui augmentent encore ce risque.

#MOISSANSTABAC : C'est aussi pour toi !

Inspiré d'une campagne anglaise d'aide à l'arrêt du tabac, le mois sans tabac a pour objectif d'aider les fumeurs-ses à relever ensemble le défi d'un mois sans tabac, en bénéficiant de conseils, du soutien et des encouragements indispensables au maintien de leur motivation. Les collectivités, établissements de santé et médico-sociaux, associations, entreprises, établissements scolaires, s'engagent dans ce grand projet collectif et organisent des actions pour les fumeurs et leur entourage. Une chance à ne pas laisser passer par les soignants et soignantes qui en sont encore dépendants. Selon la dernière enquête menée par Santé publique France, près de 30 % des aides-soignantes et 20 % des infirmières et sages-femmes seraient encore victimes du tabac au quotidien. Alors, pour faire mentir l'adage du cordonnier le plus mal chaussé, les professionnels du soin tiennent eux aussi en ce mois de novembre une belle opportunité de relever ce défi.

Laurence Mauduit

QUELQUES CHIFFRES

+ 30 % des ventes de traitements d'aide à l'arrêt du tabac depuis l'an dernier, selon l'observatoire français des drogues et toxicomanie.

Le nombre de bénéficiaires de remboursements à 65 % pour les traitements disponibles, timbres et formes orales, a bondi de 190 % depuis l'an dernier selon l'Assurance maladie.

En France, 22 500 hommes et 9 300 femmes en sont décédés l'an dernier selon la Société européenne d'oncologie médicale (ESMO).

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