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Prévention

A Rennes, l'EHESP expérimente un campus sans tabac

19 avril 2019 |

Prévention
EHESP campus sans tabac

L’école des hautes études en santé publique (EHESP) de Rennes bannit la cigarette sous ses fenêtres, en aidant les fumeurs à décrocher. L’initiative pionnière porte ses fruits avec la manière douce.

 

Quelle meilleure date que la journée mondiale sans tabac pour inaugurer un campus sans tabac ? L’EHESP a sauté le pas le 31 mai 2018. Une première dans l’enseignement supérieur français.

Ecole référence pour les cadres de la santé publique, l’établissement forme chaque année 10 000 élèves, étudiants et stagiaires en formation continue. Ils ne fument pas davantage mais connaissent mieux que d’autres les ravages du tabac, première cause de mortalité évitable, responsable de 73 000 décès par an dans l’hexagone.

L’EHESP a choisi de faire les choses en douceur, sans contraindre ni culpabiliser.

Abris et sophrologie

Hier, les fumeurs squattaient l’entrée de l’école aux heures de pause. La fumée indisposait leurs voisins. Ils sont aujourd’hui tenus à l’écart, priés de fumer sous l’un des quatre abris en bois installés à cet effet, aux lisières du campus.

Affichée sur totems, panneaux et écrans, une signalétique claire prévient les usagers qu’ils pénètrent en zone non-fumeur. Le message figure aussi noir sur blanc sur toutes les convocations mail et papier.

Habillés aux couleurs du campus sans tabac, des "ambassadeurs" circulent en binôme à la rencontre des fumeurs oublieux, notamment en période de rentrée, de concours ou d’évènement. Ils rappellent les consignes mais aussi l’accompagnement proposé. À savoir des consultations médicales avec une infirmière tabacologue et même la prise en charge de séances de sophrologie.

« Nous voulons autant protéger les non-fumeurs que permettre aux fumeurs d’évoluer sur un campus propice à l’arrêt ou la réduction du tabac », résume Nathalie Cavagni, directrice de la communication.

Être exemplaire

Le campus sans tabac ne s’est pas fait en un jour. « Nous avons mis trois ans pour sonder les attentes, évaluer les freins, dialoguer avec les instances du personnel et imaginer le dispositif. Pour un investissement mobilier et communication de 70 000 € ».

Avec quels résultats ? L’EHESP n’est pas devenu un campus sans fumeurs. La preuve : six kilos de mégots ont été collectés en huit mois. Dans le même temps, l’infirmière a reçu une vingtaine de personnes en entretien. Environ 70 personnes ont suivi les séances de sophrologie. Une quinzaine de fumeurs aurait même complètement arrêté ou freiné leur consommation selon la DRH. Peut mieux faire ? Ne rien faire nuirait surtout à la santé. Le comble pour une école dont la santé publique est la raison d’être !

Félicitation à tous les étudiants en santé pour qui cette expérimentation aura permis de ne plus être dépendants au tabac, entraînant dans leur sillage de nouveaux adeptes d’une vie sans cigarettes.

 

Olivier Brovelli

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