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Prévention

Coronavirus : la France s'organise

12 mars 2020 |

Prévention

Face à la pandémie de coronavirus qui touche déjà une trentaine de pays à travers cinq continents, la France s'organise. La direction générale de la santé se montre rassurante. Déjà 2 400 lits dédiés dans 108 établissements hospitaliers doivent permettre de faire face à une situation exceptionnelle. Pour l'heure, des filières ambulatoires s'organisent en toute hâte pour réaliser les tests des cas suspects. L'urgence pour la DGS est d'abord de tordre le cou aux rumeurs et de rappeler les gestes simples et réflexes à adopter.

Objectif prioritaire

Plus de trois semaines après le début de l'épidémie, l'objectif prioritaire se précise : casser la chaîne de transmission de ce virus contre lequel nous ne disposons ni de traitements ni de vaccins. Un contact rapproché de 30 à 60 minutes permet de le contracter. Alors devant la Commission des affaires sociales au Sénat mercredi 26 février, la Direction générale de la santé et Santé Publique France partagent les mesures de précautions édictées par les épidémiologistes.

Distance de sécurité d'un mètre

Estimant que le personnel soignant se trouve particulièrement exposé au risque de coronavirus, le Pr Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur rappelle que le niveau de risque reste d'abord une question de proximité. La règle posée par les épidémiologistes est de respecter une distance d'un mètre avec les patients infectés ou ceux susceptibles de l'être, même sans fièvre apparente. «Un mètre semble en effet la distance au-delà de laquelle, toux, éternuements et postillons cessent de véhiculer ce virus» affirme Arnaud Fontanet.

Pour rompre la chaîne de transmission, il insiste encore sur le lavage des mains. «Des gestes qui doivent aujourd'hui devenir des réflexes pour tous.» Il invite par exemple à ne jamais porter la main au nez en cas d'éternuement, préférant le coude pour limiter les risques d'infection sur les zones fréquentes de contact. Des comportements à adopter sur lesquels le Pr Catherine Leport, responsable de la mission coordination opérationnelle risque épidémique et biologique, renchérit. «Il devient inutile de se serrer la main. Sans mauvais jeux de mots, je préconise même de se saluer à la mode chinoise en se tenant à distance,» poursuit Catherine Leport. «Des attitudes à adopter par les soignants qui accueillent les personnes malades, puisque cette distance imposée ne doit pas entamer la confiance des patients dans le système de soins», poursuit-elle. 

Rompre avec les rumeurs

Pour le Pr Jérôme Salomon le directeur général de la santé, il convient d'abord de rompre avec les rumeurs qui prennent de l'ampleur sur les réseaux sociaux. «Je tiens à rappeler en toute objectivité que nous avons tous collectivement énormément progressé dans la connaissance et la réponse des maladies infectieuses : les antiviraux, peut-être un jour un vaccin, l'hygiène et la réanimation nous permettent de faire face. L'inconnue reste les réactions désormais de plus en plus irrationnelles et l'impact sur les réseaux sociaux. Cette peur a toujours existé, mais aujourd’hui la rumeur prend trop d’ampleur » estime le directeur général de la santé.

« Restons attentifs à réserver l’hôpital aux cas les plus graves, pour ne pas emboliser les équipes sur des formes mineures. Faire de simples tests n’est pas le rôle de l’hôpital. L’hôpital Bichat a déjà organisé une filière ambulatoire pour que les gens qui viennent pour un dépistage restent isolés dans une pièce puis repartent avec le résultat, ce qui évite de réserver une chambre d’hôpital », explique le Pr Jérôme Salomon. Il rappelle que dans les situations graves, les hôpitaux peuvent déclencher leur plan blanc en déprogrammant des chirurgies pour prendre en charge les victimes les plus importantes.

Restons attentifs à réserver l'hôpital aux cas les plus graves

Place aux équipes mobiles

Concernant les professionnels de santé, Le Pr Jérôme Salomon encore hospitalier il y a deux ans, affirme partager leurs difficultés, mesurant les tensions à l’heure actuelle. Il se dit aussi frappé par le comportement remarquable de ces professionnels en situation de crise. « Ils sont toujours présents. Des apports techniques, logistiques et en ressources humaines sont prévus. Il va falloir renforcer les hôpitaux si crise il y a, pour gérer une épidémie et c’est exactement ce que font les Italiens aujourd’hui en renforçant les hôpitaux et en mettant en place des équipes mobiles. Nous pensons à la même stratégie pour prendre en charge d’abord les cas graves, » confie le Pr Salomon rappelant que 80 % des cas détectés en France, sont pour l’heure des formes mineures, qui doivent rester en ville en observant un confinement de 14 jours.

Laurence Mauduit

Un numéro vert est mis en place pour répondre aux questions et informer les personnes inquiètes ainsi qu'un rappel des gestes simples 

 

 

 

 

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