5 min

Organisation des soins : ces innovations qui font bouger les lignes

23 septembre 2019 |

Santé
7es rencontres du progrès médical du SNITEM

Pansements connectés, télésurveillance : aujourd'hui les dispositifs médicaux innovants bousculent la routine des prises en charge mais aussi les comportements et les pratiques professionnelles. Réduction des temps et des distances, simultanéité des actes et partage des données bousculent déjà les habitudes prises dans les services de soins. Comment faire évoluer les organisations et les comportements ?

 

Norbert Nabet, directeur général d'activité Nehs, Marie-Anne Jacquet, sous-directrice DGOS, et Alexandre Tepas, directeur général France de Urgo médical croisent leurs regards sur l'impact y compris managérial de ces solutions prometteuses.

Les traitements et soins innovants impactent-ils l’organisation des soins ? Sur le plateau des 7es rencontres du progrès médical du SNITEM, le 10 septembre dernier, plusieurs experts se sont accordés sur leurs résultats déjà visibles dans le pilotage des hôpitaux. Norbert Nabet, directeur général d’activité Nehs partie prenante de ce débat a insisté sur le bénéfice pour tous des innovations dès que le progrès devient aussi visible sur le plan économique. « Cela passe également par la formation de celles et ceux qui vont l’implanter, mais également des patients qui vont en bénéficier, » affirme-t-il.

Cependant, l’innovation seule ne sert à rien si elle n’est pas partagée au cœur des hôpitaux.

Impulsées au départ par des orientations tarifaires fortes comme la tarification à l’activité (T2a), qui visait d’abord à transformer la manière de faire fonctionner les établissements, ces innovations dans les soins ouvrent désormais de nouvelles perspectives.

 

De l’idée au patient : le parcours du combattant

Ce que démontre Alexandre Tepas, directeur général France de Urgo médical. « Ces innovations qui surprennent y compris les gestionnaires nous imposent ce temps long de l’évaluation. » Dans l’univers des dispositifs médicaux de nouvelle génération, Alexandre Tepas pense notamment à un premier pansement interactif qui doit apporter la preuve de son intérêt tant clinique qu’économique, ce qui passe par la confirmation de multiples hypothèses en vie réelle. « Après dix ans de recherche, seul un patient éligible sur dix ne pourra finalement en bénéficier cette année, » regrette-t-il. Les pansements font pourtant l’objet de toutes les attentions, représentant tout de même un coût de 500 millions d’euros par an, se hissant au troisième rang parmi les postes de dépenses de l’assurance maladie. Un secteur où les innovations sont donc particulièrement attendues. Il convient cependant d’en démontrer les gains d’efficience et de performance pour les organisations.

Mieux mesurer leurs impacts organisationnels

Marie-Anne Jacquet, sous directrice du pilotage de la performance des acteurs de l’offre de soins à la DGOS affirme que ces nouveaux outils et procédés sont bien l’une des clés pour améliorer et transformer les prises en charge. « Nous soutenons des programmes de recherche pour mesurer l’impact organisationnel global de nouvelles solutions incluant des dispositifs médicaux, mais aussi des médicaments. De premiers programmes orientés sur l’évaluation de la performance du système de soins concernent par exemple la télésurveillance pour mieux en mesurer les bénéfices ».

Une mesure d’impact pas uniquement économique et financière puisqu’elle s’intéresse aussi directement aux modifications des pratiques professionnelles et managériales. « Les dispositifs médicaux connectés permettent d’abolir les distances, de réduire des temps, d’instaurer une nouvelle simultanéité des actes et de partager des données. Nous misons sur ces solutions dans les années qui viennent, » confirme Marie-Anne Jacquet en pointant du doigt les solutions qui mettent en relation les patients avec les soignants, mais aussi les aidants.

La clé de la réussite

Mais, pour arriver dans les organisations hospitalières, ces innovations doivent aussi franchir une étape que Norbert Nabet juge indispensable. « Il faut d’abord convaincre et former les professionnels de santé. Celles et ceux qui vont utiliser et mettre en place ces dispositifs » insiste cet ancien directeur de l’ARS de la région Paca. Sur le terrain, il estime d’ailleurs que les ARS jouent le jeu pour implanter les innovations à leur juste place dans les organisations hospitalières.

Au-delà de cette dynamique structurelle, Norbert Nabet conclut sur l’indispensable adhésion de soignants qui lui semble bien la clé de la réussite. « C’est bien eux qui doivent s’emparer de ces nouveautés pour instaurer des relations plus simples et fluides, » insiste-t-il. L’enjeu managérial lui parait crucial et les ARS accompagnent les professionnels de santé qui doivent être les premiers à s’emparer de ces nouveautés pour que les patients puissent plus rapidement en bénéficier.

Laurence Mauduit

mnh mag | newsletter

Suivez toute l’actualité de la MNH !

The subscriber's email address.

En validant votre email, vous acceptez de recevoir la newsletter « MNH mag »

Vous pourrez facilement vous désinscrire à tout moment via les liens de désinscriptions présents dans chacun de nos mails.